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Le collège Joséphine Bakhita

Des collégiennes fêtant Sainte Joséphine Bakhita
Ouvrir un collège de filles, dans un milieu qui ne valorise pas, ou peu, la femme… (mariage précoce très fréquent), dans une région traversée par les va et viens des forces armées (rebelles et forces gouvernementales)… où l’agriculture et l’élevage, avec le commerce, sont les principales ressources… Voilà qui relève d’un défi permanent… alors qu’au niveau national, la corruption et la baisse du niveau scolaire font des ravages… ! Le défi a été relevé par le tout jeune diocèse (le collège a ouvert ses portes le 1er octobre 2003) et confiée aux sœurs de la sainte Croix de Jérusalem qui en assument la direction et la gestion, aidées par des enseignants tchadiens qu’elles recrutent sur place.

Joséphine Bakhita, ancienne esclave soudanaise, canonisée par Jean-Paul II en 2000, est pour les filles un modèle de vaillance et de foi.
« Amener chaque jeune à son maximum de valeur humaine » (père J. Sevin s.j.). Les sœurs de la sainte Croix de Jérusalem, dans la fidélité aux intuitions pédagogiques du père Sevin, leur fondateur, tentent d’amener les 135 élèves à grandir et à donner le meilleur d’elles-mêmes. Les contrôles réguliers permettent à chacune de suivre ses progrès. Les élèves apprennent la vie en équipes, et assument les services d’eau et de nettoyage. Le rassemblement du matin permet de se saluer et de donner un mot d’ordre. Chaque fin de trimestre voit la remise des « flots » d’effort, de conduite et de travail. Le jeu, le chant complètent la formation académique. Un cours de formation chrétienne est dispensé aux chrétiennes, et un cours de formation humaine à toutes. En classe A partir de la 4e, des cours de dactylographie et de couture sont proposés aux élèves, complétés d’une initiation à l’hygiène et aux premiers soins… une modeste ouverture au monde du travail…

Grâce à des subventions généreuses de l’Union Européenne, de l’Ambassade de France, des OPM, et de particuliers de France et d’Italie, les bâtiments et salles de classe ont pu être construits et équipés. Le point difficile demeure le fonctionnement et le paiement des salaires : en raison de la pauvreté de la région et du peu de motivations de certains parents pour l’éducation de leurs filles, les sœurs de la sainte Croix de Jérusalem, contrairement aux établissements de N’Djaména et des autres grands centres urbains, ne peuvent exiger de la part des élèves un droit d’inscription trop élevé. Celui-ci couvre à peu près ¼ des frais de fonctionnement. Aussi font-elles appel à un réseau de connaissances pour demander des parrainages de soutien…