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Notre environnement

- GÉOGRAPHIE
Le Vicariat Apostolique de Mongo s’étend du nord au sud, de la Libye à la RCA, en passant par le Soudan à l’est. Il concerne successivement les zones saharienne (Gouro, Fada), sahélienne (Abéché, Mongo) et soudanienne (Am Timan). 3,5 millions d’habitants y vivent, soit une densité moyenne de 3,1 h/km². Le rayonnement du vicariat s’étend sur 7 des 22 régions que compte le Tchad.

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Les régions où est présent le Vicariat sont majoritairement rurales. Les nomades (Arabes ou Zaghawa) transhument avec leurs dromadaires ou leurs bovins. Les agriculteurs, largement majoritaires, produisent mil, sorgho, arachides et sésame tout en pratiquant un élevage sédentaire. Ces régions rencontrent les principaux problèmes qui s’étendent à tout le pays : insécurité alimentaire, difficulté pour accéder à la santé, à l’éducation, dépendance climatique et impact des mouvements de populations, afflux de réfugiés.
Pour les régions du Guéra et du Batha, situées en zone sahélienne, une des problématiques majeure est l’insécurité alimentaire. L’agriculture dans ces deux régions rencontre des problèmes liés aux changements climatiques, sécheresse, ou de trop fortes pluies, ajoutés à des problèmes de production comme la pauvreté des sols, le manque de connaissance pour des cultures adaptées.
Les régions où sont présentes le Vicariat souffrent en partie d’un stress hydrique important. Autour de Mongo, les montagnes avoisinantes peuvent être un réel défi pour permettre l’accès à l’eau. De nombreux projets de puits existent. Mais parfois la roche de la montagne empêche de creuser. Par exemple le village de Dadouar rencontre d’énormes difficultés à accéder à de l’eau. Les sœurs qui y résident doivent s’approvisionner au Vicariat.

Un problème récurrent dans tout le pays, et nos régions n’y échappent pas, est l’accueil des écoliers. Les infrastructures et les moyens humains sont insuffisants. A Mongo, les effectifs peuvent aller jusqu’à 100 élèves par classe. De même, les manuels de travail sont en nombre insuffisant.On estime au niveau national qu’il y un manuel pour 7 élèves. Au village de Dadouar, une des paroisses de notre église, la classe de CM1 possède un livre de lecture pour 10 enfants. Ces conditions de travail ne favorisent pas une bonne scolarisation.

C’est dans ce contexte que le Vicariat et la caritas AURA agissent sur différents secteurs, favorisant une amélioration de la vie quotidienne des communautés.

Le diocèse de Mongo englobe les sept régions suivantes :

  • Guéra (Mongo,Bitkine) 643 739 habitants
  • Salamat (Am-Timan) 361 474 habitants
  • Ouaddaï (Abéché) 862 329 habitants
  • Batha (Ati) 584 070 habitants
  • Wadi Fira (Biltine) 607 894 habitants
  • Sila ( Goz Beida)
  • Ennedi (Fada)

- HISTOIRE
Du Sultanat du Ouaddaï à l’Indépendance du Tchad
Au cœur des sociétés animistes à chefferies de ces régions, naît, au début du XVII° siècle, le sultanat musulman du Ouaddaï . Tout en continuant à survivre jusqu’à nos jours, soit à titre autonome, soit au sein même de l’islam et du christianisme, ces rites animistes cèdent lentement mais sûrement la place à l’islam. Abéché, capitale de ce sultanat depuis 1850, devient ainsi, à la veille de l’indépendance, le centre arabo islamique du pays. Cependant, il avait longtemps vécu des razzias exercées aux dépens de ses voisins du sud ; Gustav Nachtigal, qui a résidé à Abéché en 1873, en témoigne : « Les exportations du Ouaddaï consistent en esclaves, plumes d’autruches et ivoire ». Aussi ses voisins – et notamment le Guéra (siège de notre Eglise) – gardent-il jusqu’à nos jours un complexe anti ouaddaïen hérité de ces siècles de razzias. Le Ouaddaï est, à l’est du Tchad, la seule puissance qui résiste à la pénétration française. Cette résistance est d’abord militaire : Abéché ne sera prise qu’en 1909 et les Massalits infligeront encore de graves défaites aux troupes coloniales après la « pacification » (combat de Dorothé en 1910). Cette résistance sera ensuite culturelle sous la forme d’un refus de l’école française qui creusera gravement le fossé entre Nord et Sud au moment de l’indépendance. Résistance qui culmine dans l’attentat dont est victime un sous-officier français et la sauvage répression qui s’ensuit : 25 oulémas sont décapités et plusieurs leaders locaux et leurs familles assassinés. C’est l’événement du « coupe coupe » de 1917.

De l’indépendance à nos jours
La rébellion qui a tant bouleversé le pays a éclaté dans le Guéra en 1965. Toutes les zones de la Préfecture en ont été touchées et la vie de l’Eglise profondément affectée : impossibilité de sortir des villes dans le Ouaddaï à partir de la fin des années soixante ; évacuation des paroisses rurales de Dadouar et de Baro dans le Guéra et pressions islamistes sur les minorités chrétiennes. Ailleurs, comme dans le Dar Sila ou le Biltine, le cercle infernal rébellion répression a été si durable et impitoyable que les sociétés locales en sont sorties profondément bouleversées. Si bien que tous les conflits aiguisés actuellement par la guerre du Darfour y trouvent un terrain propice à tous les excès et toutes les dérives : réfugiés, déplacés , milices, communautés locales y sont imbriqués dans un jeu difficilement compréhensible et funeste.

Pour plus d’informations, se référer aux documents d’érection de la Préfecture