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Le Tchad

Le Tchad en quelques mots

Le pays tient son nom du mot kanouri tčad qui signifie « grande étendue d’eau ». Il compte environ 9 millions d’habitants sur une surface de 1.284.000 m km², ce qui représente moins de 7% d’habitants au km². Cette densité va de 0,2 dans le BET à 74,3 dans le Logone occidental.
Trois zones climatiques s’étagent du nord au sud :
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    • La zone saharienne qui compte 47% de la superficie pour 2% de la population
    • La zone sahélienne qui compte 43% de la superficie pour 48% de la population
    • La zone soudanienne qui compte 10% de la superficie pour 50% de la population

Les deux premières zones constituent ce qu’on appelle généralement le NORD, qui est un concept géopolitique ; dans ces deux zones vivent les musulmans. La troisième zone est communément, dans le même registre géopolitique, appelée SUD et abrite les populations chrétiennes ou animistes.

Le Tchad fait face actuellement à plusieurs crises. 3,9 millions d’habitants sont touchés. Les domaines les plus problématiques pour le pays sont la sécurité alimentaire, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, les mouvements de populations, l’accès à la santé et la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles. 3,4 millions d’habitants sont en insécurité alimentaire. La situation nutritionnelle est également très préoccupante. Environ 700 000 enfants sont malnutris à travers le pays.
La zone sahélienne, zone où est située le vicariat, est fortement touchée par l’insécurité alimentaire. Dans plusieurs régions où notre Église est présente ( Sila, Ouaddaï, Wadi Fira, Guéra) le taux de malnutrition est supérieur au seuil d’urgence. Nous intervenons donc dans ce domaine majeur.
L’insécurité alimentaire entraine des retards de croissance, des abandons scolaires, une plus forte vulnérabilité face aux maladies. Pour favoriser une bonne qualité de vie des habitants il est primordial d’agir dans ce domaine.

Les populations tchadiennes sont affaiblies par l’insécurité alimentaire, faiblesse renforcée par le manque d’accès à la santé. Beaucoup d’épidémies, comme le choléra ou la rougeole, se répandent fréquemment. La couverture vaccinale est très faible, ce qui augmente la vulnérabilité face aux maladies. Le paludisme est la première cause de mortalité infantile. Les populations n’ont pas facilement , voire pas du tout, accès à des centres de santé ainsi qu’à des agents de santé qualifiés. Par exemple, une femme sur 4 encore accouche sans encadrement médical. Les enfants sont très vulnérables face à la santé. Le Tchad possède un des taux les plus élevé au monde pour la mortalité infantile (moins de 5 ans). Il est de 173 pour 1000 naissances ( 17%).
Les réfugiés et les populations déplacés internes augmentent leur vulnérabilité face à ces thématiques.

Le problème de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement est un facteur qui augmente la vulnérabilité face aux maladies , mais également est un problème pour les cultures. Selon un rapport de l’OMS/Unicef, 51% des tchadiens n’ont pas accès à l’eau potable. Et il y a seulement 12% des citoyens qui ont accès à l’eau et à l’assainissement.
Les deux zones les plus touchées par le stress hydrique sont la zone saharienne et la zone sahelienne. La pluviométrie est faible. Elle ne suffit souvent pas pour approvisionner les puits et permettre une correcte irrigation des cultures. Dans certains villages l’accès à l’eau se révèle très problématique.Notamment dans les zones de montagne.La mise en place de puits ou de forage n’assure pas de trouver de l’eau.

Enfin, l’impact des catastrophes naturelles n’est pas à négliger. L’insécurité alimentaire découle en partie de ces perturbations. Perturbations qui entrainent une très grande vulnérabilité face aux maladies. Toutes les causes sont liées entre elles et s’aggravent les unes les autres.
Les catastrophes naturelles sont principalement la sécheresse lors de la saison sèche et les inondations lors de la saison des pluies. Le Tchad est un pays vulnérable face au changement climatique. Une sécheresse trop longue ne permet plus d’avoir accès aux ressources en eau. Les récoltes sont retardées et/ou insuffisantes. La période de soudure est allongée, les récoltes de l’année passée ne sont pas suffisantes pour tenir jusqu’aux nouvelles récoltes.
En 2016, on estime que 15% des ménages ont été impactés par la sécheresse. De même, les trop fortes pluies entrainent un problème d’accès à l’hygiène, assainissement,à l’école. Mais également l’économie en pâti. Les routes sont coupées pendant plusieurs mois.

- Économie :
L’économie du Tchad est faible et instable. Environ 55% des Tchadiens vivent en dessous du seuil de pauvreté. L’indice de développement du pays ( IDH) est le 185 ième sur 188 pays ( données 2014-PNUD). De même, le PIB est extrêmement faible, il est de seulement 1188 USD ( 2014).
Jusqu’au début des années 2000 l’économie du pays reposait surtout sur l’agriculture et le commerce. Dans les différentes régions du pays sont pratiqués l’élevage (dromadaires et bovins), la culture du mil, de l’arachide et du sésame, le coton, la pêche, la cueillette de la gomme. Il y a un petit peu d’activité manufacturière qui est principalement basée sur la transformation du sucre et de la fibre de coton.
Depuis 2002, l’exportation du pétrole a modifié l’économie tchadienne. La découverte de gisement de pétrole dans le sud du pays, à Doba, a apporté de grandes espérances pour l’économie du pays. Des raffineries ont été mises en places, des investissements réalisés.Les revenus du pétrole devaient être utilisés comme source de développement pour le pays. En 2012, les recettes pétrolières représentent 32% du PIB. Malheureusement la chute du cours du baril de pétrole a eu des conséquences négatives pour le développement de l’activité au Tchad. D’autant plus que les dépenses tchadiennes sont réorientées vers la sécurité avec les tensions et les incursions dans le pays de Boko Haram. Actuellement, le poids de l’activité pétrolière dans l’économie tchadienne n’apporte pas les résultats escomptés.

Démographie

La population est principalement jeune. 48% a moins de 15 ans. La part des plus de 60 ans ne représente que 4%, avec une espérance de vie avoisinante les 52 ans (en France elle est de 81,8 ans). La jeunesse de la population est un frein pour le développement économique. Mais dans quelques années ils seront une force vive de la population active, atout pour le Tchad.

Langues et ethnies

Les langues officielles sont le français et l’arabe . Le français a été adopté comme telle à l’indépendance (1960). C’est en 1982, au début du règne de Hissène Habré, que l’arabe a été proclamé deuxième langue officielle.

La diversité ethnique et linguistique est très marquée : sur les 12 principaux groupes, seuls les groupes SARA (27,7 %) et ARABE (12,3 %) se dégagent numériquement. On compte plus de 130 langues, dont seulement 18 sont parlées par plus de 50.000 locuteurs.

- Histoire : le Nord a été marqué par le développement de sociétés centralisées (les sultanats du Kanem, du Baguirmi et du Ouaddaï), progressivement islamisées, usant de la langue arabe comme langue des clercs et outil diplomatique et pratiquant la traite des esclaves et le commerce de l’ivoire et des plumes d’autruches. Simultanément, le Sud abritait des sociétés non centralisées, organisées en chefferies villageoises, autonomes mais souvent fédérées dans la gestion des rites d’initiation et le règlement de la vie socio religieuse. Le Sud a toujours dû se prémunir contre les rezzous esclavagistes de ses voisins du Nord.
Une série de chocs successifs ont marqué l’histoire récente du pays :

  • La colonisation française, de 1900 à 1960, marquée par le refus de l’école dans le Nord et le (relatif) essor de l’école française dans le Sud
  • L’indépendance, en 1960, marquée par la domination du Sud, et l’éclatement de la rébellion dès 1965 dans le Nord (création du Frolinat [Front de Libération Nationale du Tchad] en 1966) : celle-ci est une réaction aux dérives autocratiques du régime du Président Tombalbaye et la revendication d’une meilleure répartition des pouvoirs entre le « Nord » et le « Sud »
  • Février 1979 : la guerre civile s’étend dans les villes et gagne tout le pays
  • Régimes de Hissène Habré (1982-1990) et d’Idriss Déby (1990 à nos jours) : le « Nord » au pouvoir
  • Afflux des réfugiés soudanais depuis janvier 2004 et contamination de l’Est tchadien par le conflit du Darfour


Pour accéder à une compréhension moins superficielle de ces réalités socio historiques complexes : « Nord » et « Sud », diversité ethnique, problème linguistique, gestion du pétrole, etc., vous pouvez consulter la rubrique documentation ou les ouvrages suivants :

    • Tchad « Conflit Nord-Sud » : mythe ou réalité ? Sépia–Centre Al Mouna, 1996
    • Tchad : vers le retour de la guerre ? International Crisis Group, 1° juin 2006
    • Tchad : contentieux linguistique arabe-français. Langue, religion, identité, pouvoir, Al-Mouna, N’Djaména, 1998
    • L’arabe tchadien. Emergence d’une langue véhiculaire, P. Jullien de Pommerol, Karthala, 1997
    • Chrétiens et musulmans au Tchad, Henri Coudray, Islamochristiana n° 18 (1992) p. 175-234
    • Le peuple tchadien. Ses racines et sa vie quotidienne, Jean Chapelle, L’Harmattan, 1986
    • Tchad : Frolinat, chronique d’une déchirure , Al-Mouna, N’Djaména, 2005
    • Tchad. La grande guerre pour le pouvoir 1979-1980. Les politico-militaires à l’assaut de la capitale , 2 vol., Gali Ngothé Gatta (sous la direction de), Al-Mouna, N’Djaména, 2007
    • Rapport OCHA, Aperçu des besoins humanitaires, 2016
      https://www.humanitarianresponse.info/en/system/files/documents/files/tchad_hno_2016_final.pdf
    • Site de l’ambassade de France
      http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/tchad/presentation-du-tchad/

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